Réserve des Hauts-Plateaux du Vercors : 250 000 visiteurs par an
La réserve naturelle des Hauts-Plateaux du Vercors reçoit plus de 250 000 visiteurs par an. Son rapport 2025 chiffre la médiation et les sanctions.
Une fréquentation estimée, pas comptée
Sur les crêtes et les pelouses d'altitude du plateau, entre le cirque d'Archiane et le Mont Aiguille, on estime à plus de 250 000 le nombre de promeneurs annuels. Le chiffre figure dans le rapport d'activité 2025 du site, géré par le Parc naturel régional. Le même document précise que ce chiffre est en augmentation, et que cette hausse entraîne davantage de cas de non-respect de la réglementation. Il s'agit bien d'une estimation. Le plan de gestion, en cours de révision, doit intégrer la gestion de la fréquentation comme un enjeu à part entière, et le rapport évoque une réflexion sur une étude dédiée, sans la présenter comme engagée. Autrement dit, la réserve agit sur une pression qu'elle ne mesure pas encore avec précision. Pour y répondre, le Parc combine deux outils très différents. Le premier est la médiation : des personnes postées sur les parkings et les itinéraires pour expliquer les règles avant qu'elles soient enfreintes. Le second est la police de l'environnement, exercée par les gardes de la réserve. Les chiffres de 2025 permettent de les comparer, avec leurs limites. Les informations ci-dessous sont celles du rapport, consulté le 5 octobre 2026.
La médiation en 2025, chiffres du rapport
Deux médiatrices, embauchées pour l'été comme chaque année depuis 2021, ont tenu les principales portes d'entrée de la réserve et des itinéraires fréquentés. Leur bilan chiffré, tel que le rapport le publie :
- plus de 3 600 visiteurs rencontrés pendant la saison
- 13 journées de maraudage menées par des accompagnateurs en montagne, consacrées aux chiens de protection et aux troupeaux
- 14 portes d'entrée réaménagées avec du mobilier d'accueil, grâce au Plan Relance France
- plus de 50 rappels à la réglementation adressés à des sites et comptes en ligne qui contredisaient les règles de la réserve
Sur place, la signalétique a été doublée de pictogrammes rappelant les principales règles, posés aussi sur les cabanes-abris ouvertes au public, et les médiatrices ont tenu des permanences dans les offices de tourisme, dont elles ont formé certains agents. Le contenu de cette médiation s'est élargi cette année. Des fonds du Plan Pastoral Territorial ont permis de consacrer du temps aux gestes à adopter près d'un troupeau : comment se comporter face à un chien de protection, respecter le lieu de vie du berger, ne pas dégrader les impluviums, abreuvoirs et parcs d'alpage. Ces consignes rejoignent celles que pose la protection des troupeaux mise en échec dans le Vercors, où le contact entre randonneurs et patous est une difficulté reconnue.
Quand la sensibilisation ne suffit plus
Des sanctions chiffrées
Les gardes consacrent 32 % de leur temps à la veille, à la surveillance et à la police de l'environnement. Au moment de la rédaction du rapport, ils avaient posé 41 timbres-amende et dressé 16 procès-verbaux en 2025, dont deux par la brigade de gendarmerie des transports aériens de Saint-Étienne-de-Saint-Geoirs pour des survols. Le rapport compte au total plus de 250 infractions constatées. L'équipe appuie ces chiffres sur des opérations menées avec les gendarmes, des agents de l'OFB et des gardes d'autres réserves naturelles. Les contrôles se font en tournée individuelle ou en binôme, et en tournée collective avec les écogardes plusieurs fois pendant l'estive. Ils visent en priorité le feu, le camping, la cueillette de champignons, la chasse, le survol et le dérangement de la faune pendant le brame.
Une sanction qui ne laisse pas toujours de trace
Toutes les infractions ne débouchent pas sur une amende. Le rapport explique que parfois il ne reste que les traces du fait, un foyer de feu par exemple. Dans d'autres cas, le garde se contente de faire faire demi-tour à un vététiste ou à un chien à l'entrée de la réserve. Le protocole de politique pénale signé en 2018 harmonise la réponse des parquets, quel que soit le département où l'infraction est relevée. L'équipe est sur le point d'être intégralement commissionnée et assermentée : le dernier garde a prêté serment et attend son officialisation.
Les limites de ces mesures
Un chiffre de rencontres ou de timbres-amende mesure l'activité des agents, pas le comportement des visiteurs. Le tableau ci-dessous dit ce que le rapport publie, et ce qu'il laisse de côté.
| Levier | Mesure publiée en 2025 | Ce que le rapport ne donne pas |
|---|---|---|
| Médiation sur les parkings | plus de 3 600 visiteurs rencontrés | l'effet sur les infractions constatées |
| Maraudage pastoral | 13 journées d'accompagnateurs | le nombre de contacts avec des chiens de protection évités |
| Police de l'environnement | 41 timbres-amende, 16 procès-verbaux | la part d'infractions non relevées |
| Veille en ligne | plus de 50 rappels à la réglementation | le nombre de visiteurs touchés |
Le rapport ne publie aucune comparaison entre les zones où des médiatrices étaient présentes et les autres, ni aucun taux de récidive. Une autre limite touche à l'usage de la réserve par les randonneurs eux-mêmes. Le Parc publie sur son portail info-sources l'état des points d'eau de la réserve, actualisé selon les tournées des gardes, soit une à deux fois par semaine. Les débits y sont notés de 0 à 2, et le Parc demande de toujours emporter de l'eau en quantité suffisante, car l'observation n'est pas quotidienne. Avant toute sortie, la source officielle reste le Parc naturel régional du Vercors et la réserve.
